Dernière journée agitée au procès Georges Tron. Jeudi 15 novembre 2018, le maire de Draveil et ancien secrétaire d’Etat, et son adjointe à la culture Brigitte Gruel ont été acquittés par la cour d’assises de la Seine Saint Denis. Ils étaient accusés de viols en réunion, complicités de viols et agressions sexuelles par des ex-employées municipales Eva Loubrieu et Virginie Ettel. « La justice a été rendue », a déclaré simplement l’avocat de Brigitte Gruel, Me Franck Natali, à la sortie de la cour. Le parquet a fait appel.
Quelques minutes auparavant, les visages des accusés sont crispés. Et ceux de leurs proches également. « Je suis stressée, je suis stressée », murmure l’une d’entre eux avant de faire son entrée dans la cour d’assises. « J’ai quand même la boule au ventre », affirme au même moment le mari de Brigitte Gruel. La veille, l’avocat général a requis six ans de prison ferme contre Georges Tron et quatre ans contre son adjointe.
Souffle coupé
La cloche sonne, il est 14h30, tout le monde se lève à l’arrivée de la cour – excepté une petite dame assez âgée qui est venue apportée son soutien à l’homme politique. « Madame, levez-vous », crie un garde. La dame s’exécute, l’audience est reprise. Après l’énoncé des délibérations, le verdict tombe : acquittement. Applaudissements fournis dans la salle du côté des soutiens de Georges Tron. « Non, on n’est pas au cirque », lâche fortement Eric Dupond-Moretti, l’un des avocats de la défense, à l’encontre des supporters du maire. L’audience n’est pas encore terminée. Le président doit encore motiver la décision de justice. La cour reconnait qu’il y a bien eu « ébats sexuels en présence de tiers » mais note une absence de preuves sur l’existence d’une contrainte.
Les avocats de la partie civile restent regroupés devant leurs clientes. L’audience est terminée. On entend soudainement un souffle coupé provenant du banc des victimes. Virginie Ettel vient de tomber de sa chaise. Elle est allongée à même le sol. Deux femmes dans le public s’exclament alors : « Mettez-là en PLS, c’est une crise de tétanie ».
