Les élucubrations d’Édouard

Après les élucubrations d’Antoine, celles d’Édouard. Alors que le chanteur d’origine corse égratignait au passage quelques personnalités dans sa chanson de 1966, Johnny Halliday en tête (On verrait des avions dans les couloirs du métro / et Johnny Hallyday en cage à Médrano) ; Édouard Baer rend hommage aux gens qu’il admire dans son spectacle Les élucubrations d’un homme soudain frappé par la grâce : Charles Bukowski, Jean Rochefort, Thomas Bernhard, Romain Gary pour ne citer qu’eux.

Édouard Baer joue un homme en fuite, qui vient de s’échapper d’un théâtre voisin. Dans un (presque) monologue d’une heure trente, il divague, parle d’une chose puis d’une autre, conte ses doutes, partage ses peurs. Il fait du Edouard Baer diront les mauvaises langues. Oui mais il le fait très bien. Au détour d’une conversation avec le tenancier d’un bar, voilà les voix de ses auteurs préférés ressurgir de l’au-delà. Instant magique.

Autre moment, autre frisson. C’est André Malraux ressuscité qui apparaît sur scène. Sur fond du chant des partisans, le voilà qui récite le discours prononcé lors du transfert des cendres de Jean Moulin au Panthéon.

« C’est un spectacle pour redonner confiance dans les mots. Les mots peuvent porter, les mots peuvent galvaniser », explique Édouard Baer. Lui l’amoureux de la littérature et des envolées lyriques réussit son pari. Les spectateurs sortent du théâtre des mots plein la tête… et le sourire aux lèvres.

A.M.

Les élucubrations d’un homme soudain frappé par la grâce, au théâtre Antoine du 10 juin au 1er juillet du mardi au samedi à 21 heures.

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