Le street-artiste français propose un voyage immersif dans son univers. Des centaines d’œuvres sont à découvrir.
Entre Libé et lui, c’est le grand amour. Après avoir « envahit » les pages du journal en 2011, l’artiste Invader investit les anciens locaux du canard créé par Jean-Paul Sartre, situés à deux pas de la place de la République, rue Béranger dans le 3e arrondissement de Paris, pour une exposition immersive.
Cet artiste est connu pour ses mosaïques colorées, à l’effigie des aliens du jeu vidéo japonais Space Invaders, qu’il dissémine un peu partout dans les rues de France et du monde entier. « Il s’agit de libérer les Space Invaders de leurs écrans de jeux vidéo pour les amener dans notre propre réalité », explique l’artiste sur son site internet. En 2014, il crée une application gratuite grâce à laquelle il est possible de prendre en photo les mosaïques, permettant ainsi d’obtenir des points, de 10 à 100, en fonction de l’emplacement ou de la taille de l’œuvre (ou tout simplement du bon vouloir de l’artiste). Intitulée Flash Invaders, l’application est aujourd’hui utilisée par plus de 360 000 joueurs.
Retour dans le 3e arrondissement. Sur 5 étages et plus de 3 500 mètres carrés, l’artiste présente l’ensemble de son travail dans ce qu’il nomme son « Invader Space Station » ; son ISS à lui. Les visiteurs découvrent des mosaïques bien sûr, de sa première posée dans la rue, près de Bastille, en 1998 à la 1 500e apparue récemment sur les tuyaux du centre Pompidou. Mais aussi des vidéos de ses installations, des photos de ses invasions à travers le monde (San Diego, Tokyo, Londres, etc.) et des tableaux réalisés à l’aide de Rubik’s Cubes (assez bluffant !). L’artiste s’amuse à parler d’un nouveau genre : le rubikubisme. D’autres projets comme sa collection personnelle de figurines Kinder (elle plaira aux enfants) est aussi exposée mais présente beaucoup moins d’intérêt.
Au dernier étage, le spectateur peut contempler la terrasse du bâtiment où l’artiste avait posé une mosaïque géante aux couleurs de Libération, il y a 13 ans, lorsqu’il était venu dans les locaux. Visible à l’époque dans les pages du journal et sur Internet en vue satellite via n’importe quelle application de géolocalisation, elle n’était pas accessible au grand public. C’est désormais chose faite.

