Le Jeu de Paume consacre une belle exposition à la photographe New-Yorkaise qui porte son regard sur ses proches et le milieu aisé dans lequel elle a vécu.
Plongez dans l’histoire familiale de la photographe américaine Tina Barney au Jeu de Paume. Le musée parisien lui consacre une belle exposition avec une sélection de 55 tirages à grande échelle, en couleur ou en noir et blanc. Dans les salles du rez-de-chaussée du musée, le spectateur voit la vie de l’artiste défiler devant ses yeux à travers différentes prises de vue dans le cocon familial. Ici, sa sœur Jill qui pose sur le canapé avec leur mère au second plan. Là, ses enfants Tim et Phil qu’elle accompagne autour d’un barbecue dans ce que l’on peut supposer être le jardin de leur maison. Là encore, sa sœur photographiée devant la télévision, et qui grâce à un effet de superposition, pourrait laisser croire qu’elle en est la présentatrice.
À la fin des années 70, Tina Barney décide de photographier ce qu’elle connait : ses amis et sa famille, issus d’un milieu aisé de la côte est américaine. La « upper class », la haute bourgeoisie – dans laquelle elle a été élevée – la fascine. Les codes vestimentaires deviennent matière à photographie. Ainsi, elle immortalise ses modèles vêtus de tenues plus kitsch les unes que les autres. On ne peut s’empêcher d’esquisser quelques sourires devant ces clichés montrant des membres de sa famille portant des habits rose bonbon assortis aux rideaux et à la tapisserie.
Dans The Suits, en 1977, la photographe ne s’intéresse qu’aux costumes de ces trois hommes dont on ne voit pas les visages. Elle explique, dans une interview donnée en 2016 : « Au fond, je voulais réfléchir aux gestes, au fait que, sur la côte est, par opposition à la côte ouest, les gens se tiennent près les uns des autres, et que l’on peut deviner l’origine d’une personne à la manière dont elle se tient, à son maintien, à ses vêtements et à sa façon de les porter. » Là est la force de Tina Barney. Porter un regard sur la haute société – d’abord américaine mais ensuite européenne – sans critique ni jugement, simplement en immortalisant des petits riens de la vie quotidienne.
Tina Barney, Family Ties. Au Jeu de Paume, jusqu’au 19 janvier. Entrée : 12 €.
