Le musée de la Libération de Paris – musée du Général-Leclerc – musée Jean-Moulin consacre une exposition à l’ancien secrétaire de Jean Moulin, cinq ans après sa mort.
Daniel Cordier est décédé, il y a 5 ans, le 20 novembre 2020, à l’âge de 100 ans. Ancien secrétaire de Jean Moulin, il est l’une des figures de la Résistance française. Alors qu’un nouveau tome de ses mémoires posthumes, Rétro-chaos, est paru fin janvier, le musée de la Libération de Paris – musée du Général-Leclerc – musée Jean-Moulin lui consacre une exposition à voir jusqu’au 13 juillet.
À partir d’une centaine de documents présentés (photographies, lettres, témoignages vidéo, objets personnels et militaires, etc.), l’exposition se divise en trois parties. Comme si Daniel Cordier avait eu trois vies. La première partie, celle qui dépeint le Daniel Cordier militant est la plus réussie.
L’homme a débuté à l’extrême-droite, puisqu’il fut membre de l’Action française pendant sa jeunesse. Issu d’une famille royaliste, le jeune Daniel Bouyjou (il prendra le nom Cordier, celui de son beau-père, un peu plus tard) adhère aux idées nationalistes, antirépublicaines et antisémites. Le jour de l’annonce de l’arrêt des combats, en juin 40, par Pétain, le jeune homme vrille. Il ne supporte pas l’idée de capitulation. « Il fallait partir, partir n’importe où pour continuer à se battre », dit-il dans l’un des nombreux audios qui jalonnent le parcours de l’exposition.
Engagement dans la France libre
Il embarque alors, à Bayonne, sur un navire belge, direction Alger. Mais le bateau change de cap est fait finalement route vers l’Angleterre. C’est là qu’il s’engage dans l’armée formée par le Général de Gaulle. Il ne sera parachuté en France occupée, qu’en juillet 1942, après avoir suivi de nombreux mois d’entraînement militaire et de formation d’espion. Il rejoint alors la ville de Lyon et rencontre rapidement Jean Moulin, alors en charge d’organiser la Résistance intérieure, qui l’engage comme secrétaire.
Les deux autres parties de l’exposition sont consacrées à sa vie de collectionneur et d’amateur d’art ainsi que d’historien et de mémorialiste. Daniel Cordier a été le biographe officiel de Jean Moulin, son « patron », comme il l’appellera tout au long de sa vie. Dans le but de lui rendre hommage et surtout de défendre sa mémoire.
Qui connaît déjà la vie de Daniel Cordier n’apprendra peut-être pas grand-chose en se rendant à cette exposition chronologique. Elle a pourtant le mérite de célébrer cet homme au parcours singulier et de redonner vie à ses combats et son profond désir de liberté.
