Le musée de l’Histoire de la ville de Paris présente la photographe Agnès Varda dans une belle exposition où le spectateur est plongé dans les rues de la capitale.
Quelle est l’œuvre la plus connue d’Agnès Varda ? Sûrement son film Cléo de 5 à 7 où l’on suit une jeune femme dans les rues de Paris, dans l’attente des résultats de sa biopsie. Réalisé en 1961, ce long métrage consacre Agnès Varda en tant que cinéaste. Suivront d’autres œuvres, toutes politiques, parmi lesquelles Les créatures avec Catherine Deneuve et Michel Piccoli ; Sans toit ni loi avec Sandrine Bonnaire ou encore Jane B. par Agnès V. dans lequel elle dresse le portrait de Jane Birkin.
Pourtant, dans son exposition Le Paris d’Agnès Varda, de-ci, de-là, le musée Carnavalet a décidé de mettre la focale sur son travail de photographe. Belle idée que cet angle original pour présenter Varda. À travers ses photos (plus d’une centaine), on se promène dans les rues de la capitale, sa ville de cœur, où elle réside de 1943 à 2019. Rivoli, Bastille, la place des Vosges, le boulevard du Montparnasse, Saint-Germain-des-Prés et bien sûr le rue Daguerre où Varda s’installe en 1951. Dans cette rue du 14e arrondissement, au numéro 86, l’artiste y réalise quantité de photos en plein air et à l’intérieur de son atelier. En 1954, elle organise même sa propre exposition, chez elle, où elle accueille les visiteurs autour d’un verre.

Le musée Carnavalet montre aussi la Varda portraitiste. Avec toujours Paris en toile de fond. Elle n’hésite pas à embarquer ses modèles dans sa voiture à la recherche d’une destination parisienne où elle pourra faire le plus beau des clichés. Dans un petit documentaire, on aperçoit ainsi le photographe Brassaï se faire tirer le portrait. Varda a aussi fait poser Fellini, Jane Birkin, Anna Karina… Mais ce qui lui plaisait avant tout, c’était d’installer sa chambre photographique dans la rue et de prendre en photo les passants. « Je crois que les gens, c’est tout de même ce qu’il y a de plus intéressant », aimait-elle dire.
Le bon choix du musée est de proposer une exposition à la fois chronologique et thématique avec tout de même quelques œuvres cinématographiques mises en avant telles que L’Opéra-Mouffe, Les fiancés du pont Mac Donald ou encore Daguerréotypes. Ainsi, photos et films se répondent dans une scénographie simple mais efficace qui met en valeur Paris et ses habitants.
Le Paris d’Agnès Varda, de-ci, de-là, au musée Carnavalet, du mardi au dimanche, de 10h à 18h.
Plein tarif : 15 €. Tarif réduit : 13 €.
