Clamser à Tataouine : ci-gît la littérature

On connaissait Raphaël Quenard acteur (notamment dans le sublime Chien de la casse) ; on le découvre écrivain. Avec son livre Clamser à Tataouine, le voilà qui caracole en tête des ventes de livres cet été. Pourtant, on a bien du mal à comprendre l’engouement autour de ce premier roman. L’éditeur surfe sur son nom, c’est une évidence !

Paris. Janvier 2024. Le narrateur vient de se rétracter. Il comptait se suicider du haut d’un immeuble de 8 étages. Finalement, voilà ce « joyeux sociopathe » plein de vie, prêt à tuer. Ses cibles seront des femmes de catégories sociales différentes. Chaque chapitre correspond à un meurtre : le femme d’un footballeur ; une aristocrate ; une caissière ; une SDF ; etc. La mécanique est répétitive. On voit venir le procédé macabre avant même la fin des chapitres.

Côté littérature, Raphaël fait du Quenard. Il écrit comme il parle, avec cette gouaille qui le caractérise. Sauf qu’à l’écrit, sa verve fonctionne moins bien. Certains passages sont verbeux et le lecteur se perd dans le trop plein de figures de style. Les passages érotiques sont franchement désastreux : « À cet instant, je ne rêve que d’une seule chose, l’embarquer dans l’arrière-salle pour lui suçoter les poches à lait ». Puis en parlant de la femme d’un footballeur : « La barre transversale, elle n’est plus sur le terrain à l’heure qu’il est ». (Soupir 🙄).

Clamser à Tataouine, de Raphaël Quenard, aux éditions Flammarion. 22 €.

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